Pourquoi la France accélère sa transition vers des solutions européennes souveraines, à travers une nouvelle stratégie de cybersécurité ?
Dans une démarche de sécurisation des flux de données, la France vit un tournant majeur. Ce virage technologique est encadré par le gouvernement français qui impose des décisions fermes et une nouvelle Stratégie Nationale de Cybersécurité 2026-2030 publiée le 29 Janvier. La souveraineté devient alors une nécessité vitale pour garantir la pérennité des entreprises européennes. On vous explique :
LA FIN D’UNE DÉPENDANCE AUX HYPERSCALERS
Le document diffusé par le SGDSN (Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale) détaillant la nouvelle stratégie mise en place par le gouvernement souligne un point critique : la maîtrise de nos données. En utilisant des infrastructures européennes, les entreprises évitent de s’exposer à une captation de données légales sur le sol américain mais illégitime au regard de nos intérêts économiques.
La dépendance à quelques hyper-scalers (les géants américains) suscite des doutes sur la gestion des incidents et la dépendance technique. La souveraineté ne repose pas juste sur une protection des données mais sur la capacité d’une nation à continuer de produire.
Si un arrêt des services numériques se produit, la supply Chain serait paralysée, les systèmes financiers et paiements bloqués, les infrastructures vitales mises en pause et la plupart des PME (qui composent 95% de l’économie française) se verraient voir fermer leurs portes après 15 jours d’inactivité.
L’importance d’avoir la maîtrise sur toutes ces données devient capitale et la France, en voyant son nombre de cyberattaques augmenter, souhaite renforcer sa protection. La SNC 2026-203 prône une diversification et une relocalisation des compétences sur le sol national afin d’éviter un possible désastre économique.
Si le sujet des hyperscalers vous intéresse, n’hésitez pas à consulter notre article sur pourquoi ils sont un mauvais choix pour vous : https://www.nexylan.com/hyperscalers-mauvais-choix-cloud/
UNE STRATÉGIE PRÉCISE
Le document du SGDSN définit une trajectoire précise pour la France basée sur 5 piliers :
Pilier 1 – Faire de la France le plus grand vivier de talents cyber d’Europe :
L’objectif est de répondre à la pénurie critique de main-d’œuvre qualifiée avec une massification de la formation. La stratégie prévoit de doubler le nombre de diplômés d’ici 2030 et de diversifier les profils. Pour l’entreprise, cela signifie une structuration des métiers de la cyber et une meilleure reconnaissance des certifications. La France mise sur l’excellence académique et la formation continue pour maintenir un avantage compétitif technologique.
Pilier 2 – Renforcer la résilience cyber de la Nation :
Ce pilier vise à élever le niveau de sécurité global, bien au-delà des seuls opérateurs critiques. Il s’appuie sur la mise en œuvre de la directive NIS 2 (Network and Information Security) et la généralisation des parcours de sécurisation pour les collectivités et les PME. L’enjeu est la capacité de continuité d’activité : l’État structure une réponse de proximité (via les CSIRT régionaux) pour garantir que chaque entité puisse détecter, réagir et surtout reconstruire ses services après une attaque.
Pilier 3 – Entraver l’expansion de la cybermenace :
Cette stratégie à pour but de ne plus subir les attaques en pénalisant les auteurs. Cela repose sur trois leviers : la détection précoce des menaces grâce à une meilleure synergie entre les services de renseignement et les acteurs civils, la judiciarisation systématique pour briser l’impunité des cybercriminels, et l’action diplomatique pour dénoncer les agressions étatiques. L’idée est de complexifier les opérations des attaquants pour en réduire l’efficacité avec des actions coûteuses qui les poussent à abandonner.
Pilier 4 – Garder la maîtrise de la sécurité de nos fondements numériques :
C’est le pilier de la souveraineté technologique. La France s’engage à soutenir le développement et l’adoption de solutions de confiance (cloud, composants, logiciels) produites sur le sol européen. L’objectif est de limiter les dépendances stratégiques vis-à-vis de technologies dont nous ne maîtrisons pas les couches de sécurité fondamentales, garantissant ainsi l’intégrité et la confidentialité des données les plus sensibles de l’économie.
Pilier 5 – Soutenir la sécurité et la stabilité du cyberespace en Europe et à l’international :
Ce volet traite de la gouvernance mondiale d’Internet. La France milite pour un cyberespace libre, ouvert et sûr, régi par le droit international. Cela implique une coopération accrue avec l’Union Européenne et l’OTAN pour bâtir des normes de comportement responsable des États. Pour les organisations, cela se traduit par une harmonisation des régulations internationales, facilitant la protection des activités à l’export.
Source : https://www.sgdsn.gouv.fr/files/files/Publications/20260129_SNC_0.pdf
3 CHANGEMENTS MAJEURS POUR LES DIRIGEANTS
Cette nouvelle impulsion nationale n’est pas qu’une affaire d’État, elle redéfinit les règles de compétitivité du secteur privé et crée un nouveau levier de différenciation. Pour un dirigeant, le passage à la SNC 2026-2030 impose trois changements majeurs :
- La cybersécurité devient un critère commercial éliminatoire : Avec la généralisation de la directive NIS 2 et le renforcement du pilier de résilience, la sécurité n’est plus un bonus technique, elle devient une condition contractuelle. Demain, vous ne pourrez plus collaborer avec de grands donneurs d’ordres (grande structure nécessitant la participation de sous-traitants) ou répondre à des marchés publics si vous ne garantissez pas une infrastructure souveraine et auditée. La sécurité est votre nouveau “passeport” pour le business.
- La fin du « Cloud par défaut » remplacé par le « Cloud de confiance » : Le pilier 4 de la stratégie impose de reprendre la maîtrise de nos fondements numériques. Pour les entreprises, cela signifie qu’il faut auditer en interne la dépendance aux outils extra-européens. Choisir des solutions hébergées et infogérées sur le sol français devient un acte de gestion des risques juridiques et opérationnels, vous protégeant contre l’instabilité géopolitique et les lois d’accès aux données étrangères.
- L’accès à une expertise de proximité : L’investissement massif dans les talents et la réponse de proximité facilite l’accompagnement des entreprises. Cependant, la complexité des menaces exige une réactivité que peu de structures peuvent gérer en interne. S’appuyer sur un partenaire expert de la souveraineté numérique permet de transformer ces contraintes réglementaires en un avantage stratégique, en bénéficiant directement des dernières avancées au niveau de la protection des données.
Conclusion : La souveraineté devient alors le socle de votre croissance
La Stratégie Nationale de Cybersécurité 2026-2030 est claire : la confiance numérique est le pilier à ne pas négliger pour assurer l’économie de demain. En accélérant la transition vers des solutions européennes, la France ne cherche pas seulement à se protéger, elle cherche à garantir la liberté et la sécurité de ses acteurs économiques.
La souveraineté numérique n’est pas un coût, c’est la sauvegarde de votre activité. En alignant dès aujourd’hui votre infrastructure sur ces piliers nationaux, vous garantissez non seulement votre conformité, mais surtout la pérennité et la crédibilité de votre entreprise sur le long terme.
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